05/08/2010

Journalistes, on nous aime! Ou pas...

"J'ai plusieurs fois prévenu des passants / touristes. Les complices des arnaqueurs m'ayant remarqué ils ont commencé à se faire menaçant, je me suis éloignée. Pas envie de me faire tabasser pour des pigeons naïfs ;)"

Un commentaire de Wobin, sur l'article: Elle avertit les touristes de l'arnaque du bonneteau


Il est du devoir du journaliste de s'annoncer comme tel lorsque l'on traite d'un sujet. Il existe deux cas de figure. Soit les gens nous accueillent à bras ouverts, soit ils décampent et nous insultent. Le cadre du reportage audio sur le bonneteau m'a confrontée à ces menaces dont parle Widon dans son commentaire.

Vers le quai du Mont-Blanc, à 18 heures. "Madame! Madame!" L'arnaqueur m'appelle à jouer. Je lui réponds honnêtement que je suis journaliste. "Journaliste?" Oui. Et soudain, il prend son tapis, ses trois boîtes, sa bille, et il part un peu plus loin. Je continue ma route. Dix mètres plus loin, un autre joueur. Je m'arrête pour regarder, il plie bagage et change de trottoir, et moi, je me fait insulter par une femme, dans leur langue. Il n'y a aucun doute là-dessus, c'est une complice. "Ils ont enregistré votre visage, ça y est!", me dit Faiza lors de son interview pour le reportage. Et si je n'avais pas dit que j'étais journaliste? Eh bien ma conscience déontologique aurait hurlé. Mais tous les moyens honnêtes ayant été utilisés, le seul moyen pour obtenir une suite à l'affaire du bonneteau sera d'oublier, l'espace de la prise d'information, que je suis journaliste.

Shaymaa Gabr, étudiante à l'Académie du journalisme et de médias, stagiaire à la TdG.

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