23/07/2008

Moisson d'épeautre à Landecy

moisson landecy.pngLes moissons du blé battent leur plein dans le canton. Les champs sont beaux mais les rendements un peu décevants, note Michel Bidaux à Troinex. Alors que le mais, le soya et le tournesol profitent de la météo actuelle, les céréales paient le temps pourri de la fin du printemps.

A Landecy, C'est Thomas Descombes qui nous accueille sur sa machine. Il bat de l'épeautre pour le compte des Jardins de Cocagne qui ont repris il y a quelques années une partie du Domaine Micheli. Voir notre vidéo prise sur le vif.


Le champ d'un hectare a été reconverti à la méthode bio. "Mais sans bétail, ce n'est pas évident", avoue Thomas, lui même reconverti à l'agriculture depuis dix ans. Deux années de prairie enrichie de trefles devraient apporter l'azote dont les céréales ont besoin, espère-t-il. L'épeautre ou blé des Gaulois est une céréale qui comme l'orge conserve une gangue, la balle, qu'il faut enlever par un procédé de décorticage.

Comme il n'y a pas de décortiqueuse à épeautre  à Genève, la récolte sera transportée par camion dans un moulin du canton de Berne. Elle reviendra en novembre et sera mise en vente dans les différentes filières de l'agriculture bio genevoise. Thomas Descombes a créé Les Ares et Vous en 2006. Il est un des animateurs de l'Affaire Tournerêve. (JFM)

 

Commentaires

La civilisation sumérienne est apparue selon Jean Margueron du fait que l'épeautre - céréale poussant naturellement depuis des millénaires à proximité des berges du Tigre et l'Euphrate - a permis il y a 9000 ans à l'homme d'alors de se sédentariser en remplaçant le besoin de s'alimenter au jour le jour par la possibilité de stocker des céréales, donc des aliments, sur une année.

Cette mutation décisive induisit les premières structures urbaines, rendant nécessaires des travaux d'irrigation d'une exceptionnelle ampleur, sur des milliers d'hectares.

La civilisation sumérienne se développa en inventant l’écriture et l’architecture.
La plupart des mythes judéo-chrétiens puis islamiques (le déluge, les dieux, la tour de Babel, la trilogie, l'enfer, etc.) portent l'empreinte de la culture sumérienne.

L’apparition de cette civilisation urbaine peut paraître soudaine.
Pourtant certains auteurs, comme Jean Louis Huot pensent que cette civilisation est le résultat de la lente évolution par sédentarisation des communautés humaines qui occupaient le sud de la Mésopotamie depuis une dizaine de millénaires.
À un certain moment, elles se sont dotées de l'outil qui leur permit de noter leur langue, le sumérien.

Cette civilisation a probablement décliné et disparu à cause de la stérilisation saline des terres agricoles (l'infiltration dans les sols des eaux d'irrigation aurait fait monter à la surface et s'y concentrer les sels minéraux contenus dans la nappe phréatique) et du déplacement géographique des lits des fleuves.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/07/2008

Excellent complément. Merci de votre commentaire. Juste une question: si l'épeautre est à l'origine de la civilisation urbaine sumérienne, qu'est-ce qui a précipité sa chute?

Écrit par : JF Mabut | 23/07/2008

Cette civilisation a probablement décliné et disparu à cause de la stérilisation saline des terres agricoles (l'infiltration dans les sols des eaux d'irrigation aurait fait monter à la surface et s'y concentrer les sels minéraux contenus dans la nappe phréatique) et du déplacement géographique des lits des fleuves.

Il faut tenir compte du mot "probablement"...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/07/2008

Une autre piste ?

La religion sumérienne a influencé l'ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans.
Elle est une composante très importante de la vie, privée comme publique, des Sumériens et donne naissance à des représentations artistiques comme à des œuvres littéraires.
Dans la conception sumérienne, le souverain n'est que le dépositaire de la divinité : sa fonction est sacerdotale aussi bien que politique.

La religion sumérienne est caractérisée par son polythéisme et son syncrétisme. Son panthéon compte une grande variété de dieux, structurée en une hiérarchie stricte, calquée sur la société humaine.
Au sommet se trouve la triade cosmique constituée de :

* An (« dieu-ciel »), maître du ciel, roi des dieux, et sa parèdre Antum ;
* Enlil (« seigneur-air »), maître de la terre, démiurge, dieu protecteur de Nippur, et sa parèdre Ninlil ;
* Enki (« seigneur-terre » ?), Ea pour les Sémites, maître des eaux douces, dont la ville sainte est Eridu.

Sous cette triade se trouvent les divinités astrales comme le dieu-lune Nanna (Sîn en akkadien) et le dieu-soleil Utu (Shamash en akkadien); puis les dieux infernaux et les dieux guerriers; puis les dieux de la nature et les dieux guérisseurs; puis les dieux d'instruments (pioche, moule à briques, etc.) et enfin les esprits et autres démons.



Ur-Nammu, roi d'Ur de -2112 à -2094.
Gouverneur d’Ur et officier du roi d’Uruk Utu-hegal, il supplante ce dernier, qui meurt noyé accidentellement, et fonde la Troisième Dynastie d'Ur (2112–2004 av. J.-C.), ultime renaissance de la civilisation sumérienne.

Après avoir vassalisé Lagash (-2111), Ur-Nammu, se fait couronner à Nippur «roi d’Ur, roi de Sumer et d’Akkad» et rétablit l’ordre et la prospérité sur Sumer (-2108).
Son autorité est fermement établie sur le pays sumérien, d’où proviennent toutes les inscriptions, mais il n’est pas certain qu’elle a dépassé Nippur vers le nord.


Ur-Nammu, soucieux de justice, promulgue le plus ancien code de lois connu : l’étalon monétaire (mine et sicle d’argent), les poids et mesures (silà) sont standardisés.
La veuve et l’orphelin, les pauvres sont protégés.
Les épouses le sont également contre leur renvoi pur et simple.
Le viol de l’esclave d’un autre homme, le faux témoignage, la diffamation, les coups et blessures font l’objet d’une compensation en argent-metal.

Sous son règne, Sumer connaît une période d’expansion commerciale vers le golfe Persique.

Ur-Nammu restaure les murailles des cités chaque fois que c’est nécessaire et consacre son énergie à la remise en état du réseau des canaux sans lequel aucun développement économique n’est possible.
Les travaux de reconstruction dans lesquels il s’engage ne s’expliquent que s’ils sont appuyés sur une solide économie.
Il développe l’agriculture, draine des marais pour y planter des dattiers et rend à Ur sa richesse de grand port commercial.

Ur-Nammu fait construire à Ur un quartier religieux dominé par une grande ziggourat en brique cuite, dédiée au dieu-lune Nanna (Sîn en akkadien).
Des constructions similaires voient le jour à Nippur, Uruk, Larsa, Eridu, Assur.
Ce sont des tours à étages (en général 3 , parfois plus) qui succèdent aux hautes terrasses du début du IIIe millénaire av. J.-C.
Un temple est érigé à leur sommet, mais certaines activités culturelles se déroulent dans des cours et temples édifiés au pied.

En 2094 av. J.-C., Ur-Nammu meurt en campagne.
Son fils Shoulgi lui succède.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/07/2008

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