10/07/2008

Les Suisses frontaliers ne sont pas dans la statistique des frontaliers

frontiere.jpgLes Suisses établis en France voisine ne sont pas comptés dans la statistique des frontaliers. Il serait 15 à 17'000 actuellement. Un chiffre qui s'ajoute aux 62'744 permis frontaliers délivrés à des non Suisses, dont un peu plus de 50'000 sont actifs. Dans un commentaire malheureusement anonyme posté sous le billet précédent, Café a posé une bonne question. L’OCSTAT confirme et signale qu’une enquête pour dénombrer plus précisément ces Suisses ou ces binationaux frontaliers est en cours en étroite collaboration avec l’INSEE. Ils ne sont certainement pas 27'000 à travailler en Suisse, comme le prétend de manière un peu péremptoire notre internaute, souligne Mme Rossillion de l’Office cantonal de la statistique que nous avons interpellée à ce sujet. Nous publions ci-dessous son analyse et profitons de la remercier vivement pour son courriel précis, complet et rapide. (JFM)


Pouvez-vous dire comment la statistique des frontaliers est établie ?

La statistique des travailleurs frontaliers dans le canton de Genève est établie par l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT), à partir du fichier des frontaliers géré par l'Office cantonal de la population (OCP), qui est, donc, un fichier administratif. Depuis 2004, s'y ajoute une nouvelle statistique, élaborée par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Ainsi :

 1- La statistique cantonale (trimestrielle) dénombre les titulaires d'un permis frontalier délivré à Genève : fin 2007, 60 630 personnes. Le nombre de permis frontaliers délivrés dans le canton de Genève s’établit à 62 744 fin juin 2008, en augmentation de 2 114 depuis fin 2007. Ce solde résulte de nombreux mouvements individuels : 6 624 nouveaux permis et 4 510 "départs" (fin de permis) de frontaliers.

En rythme annuel (par rapport au même mois de l'année précédente), le nombre de permis frontaliers augmente de 6,5 %, soit moins rapidement qu’au cours des dernières années.

L'ensemble de ces informations, y compris sur les définitions et la méthodologie sont disponibles sur le site de l'OCSTAT à l'adresse : http://www.ge.ch/statistique/statistiques/domaines/03/03_...

2- La statistique fédérale fournit une estimation annuelle des frontaliers travaillant effectivement dans le canton (permis actifs), soit, fin 2007, 50 169 personnes = 82,7 % du total des titulaires de permis G.

Les Suisses de France qui travaillent à Genève sont-ils comptés comme frontaliers?

Les Suisses et les binationaux résidant en France ne sont pas compris dans les chiffres publiés sous le titre "frontaliers". Seuls les permis G sont recensés or les Suisses ne sont pas soumis à une autorisation de travail en Suisse. Il en va de même pour les employés des organisations internationales qui résident en France.

Comment un habitant de Paris qui travaille trois jours par semaine à GEnève est-il compté?

Depuis l'élargissement du marché de l'emploi au 1er juin 2007, les zones frontalières pour les ressortissants de l'UE17 / AELE ont été supprimées ce qui signifie qu'un habitant de Paris ou Londres, travaillant trois jours par semaine dans le canton de Genève sera compté comme un frontalier:

a- les frontaliers peuvent venir de tous les pays de l'UE15 / AELE, Chypre et Malte sans restrictions de domicile dans une zone frontalière. De plus, le frontalier appartenant à l'UE ou à l'AELE n'est pas dans l'obligation de regagner son domicile étranger tous les soirs, son retour peut être hebdomadaire (il doit cependant déclarer son domicile suisse à l'autorité communale ou cantonale correspondante). istique des frontaliers est établie ? 

b- les frontaliers peuvent dorénavant exercer une activité sur l'ensemble du territoire suisse.

Environ 79 % du total des frontaliers résident en Haute-Savoie et un peu moins de 20 % dans l'Ain. Le 1 % restant vient de départements plus éloignés comme le Jura, le Haut-Rhin et le Doubs essentiellement, mais aussi de départements plus éloignés et d'autres pays.

Travaillez-vous sur ce sujet avec l’INSEE ? 

Oui, une collaboration étroite entre l'OCSTAT et l'INSEE Rhône-Alpes, obéissant aux standards de qualité de la statistique publique, existe à travers l'Observatoire statistique transfrontalier, OST, (http://www.statregio-francosuisse.net/).

La question des "frontaliers" binationaux Suisse -UE a déjà fait l'objet de diverses estimations (voir l'une d'entre elles ci-dessous). La mise sur pied d'une observation plus rigoureusement statistique est en cours, notamment avec la mise à disposition, en 2009, des données du recensement rénové de la population en France, ainsi que, effectivement, à partir d'un accès aux données du Consulat de Suisse à Lyon. Cependant, l'inscription dans un Consulat n'est pas obligatoire et il est vraisemblable qu'un certain nombre de Suisses nés ou devenus binationaux n'y soient pas inscrits.

Une estimation du nombre de frontaliers suisses ou binationaux

A partir des résultats du dernier recensement français de mars 1999 et à l'aide d'une extrapolation des taux d'émigration annuels moyens des Suisses résidant dans le canton de Genève vers les départements de l'Ain et de la Haute-Savoie, une estimation du nombre de frontaliers suisses ou binationaux donne une fourchette de 15'000 à 17'000 travailleurs frontaliers suisses.

Il ne s'agit pas là du total des résidants suisses en France voisine, mais bien d'une estimation des personnes qui viennent travailler dans le canton de Genève (les membres de leur famille ou les personnes retraitées installées en France voisine ne sont pas comptées dans cette estimation).

De plus, à titre d'information, on estime qu'en 2006, 3'650 résidants du canton ont quitté Genève pour aller habiter dans sa périphérie, 43% dans le district de Nyon, 39% dans R74 et 8% dans R01.


Commentaire additionnel

Les interdépendances démographiques entre les différentes parties de l'agglomération transfrontalière sont nombreuses et complexes. Dans le canton de Genève, la croissance de la population semble "contenue" par la pénurie de logements alors qu'entre 2001et 2005, le nombre d'emplois a augmenté de 4,5% dans ce canton.

Sophie Rossillion, OCSTAT

 

17:20 Publié dans France, Genève | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Je vous signale humblement que le chiffre de 27.000 est tiré d'un article très sérieux paru dans l'Hebdo en 2007 ! Car il ne faut pas compter simplement ceux qui sont inscrits au Consulat, mais compter tous ceux qui habitent en pseudo-résidence secondaire. En effet, comme vous le savez, pour pouvoir déposer ses papiers en France il faut d'abord s'acquitter de TOUS SES ARRIERES D'IMPOTS ! et il vous suffit de vous poster à la frontièr pour voir le nombre de plaques suisses. Ces placques suisses sont automatiquement des "illégaux" en France, car les Suisses de France, légaux ont des plaques françaises !!!!

Écrit par : Café | 11/07/2008

J'ai une question : M. Eric Bertinat de l'UDC habite en France. Est-il un citoyen légal ou illégal en France ? de plus, j'ai cru comprendre qu'il avait enfants... ça fait du monde !

Écrit par : Stanislas | 11/07/2008

Au fait, même si les Suisses frontaliers ne seraient que 17.000 comme vous dites, cela fait 17.000 adultes qui votent et cela représente donc une très grande commune du canton... nos politiciens devraient faire plus attention à cette électorat très représenatif !

Écrit par : Café | 11/07/2008

Cette étude nous montre aussi que les attaques du MCG contre cette hemorragie sont fondées.

Elles le sont à deux titres:
1. Il est anormal qu'un Etat digne de ce nom contraigne ses nationanux à quitter leur terre pour aller se loger à l'étranger afin de protéger un lobby sourd, celui des nantis qu peuvent profiter des logements apparenant à des collectivités. A gauche en particulier.

2. Il est anormal que nous ayons à subir un pillage de nos emplois par des clans étrangers (les français qui sont aux commandes n'engagent que des francais sous leurs ordres c'est bien connu) et qu'en parallèle nous exportions nos nuisances dont la principale est celle d'un dévlopppement anarchique de la zone frontalière et de tout le bas chablais.

Cette conduite inadmissible est le fruit d'une politique aussi aveugle qu'imbécile par une bande issue des partis qui squattent les sphères gouvernementales depuis trop longtemps.

Votant habituellement à la gauche de la gauche, je dois reconnaître que la gauche socialiste, appelée à juste titre gauche caviar, ne répond pas du tout à nos attentes en se concentrant sur la préservation des privilèges des petits copains.

Il est du devoir de tous les votants de gauche de mettre un terme à cet autisme politique et de voter pour un parti qui conduit une action forte de défense de nos intérêts. On ne veut pas de ce pan-européanisme à la Royal!

Nous voulons une gauche dynamique et inventive quitte à rompre avec le politiquement correct et qui parte à l'attaque des bastions qui bloque la construction de logements alors qu'il y a tout pour répondre à nos demandes.

Si nous voulons protéger nos emplois, nous devons arrêter d'exporter nos nationaux.

Ceux qui prétendent gouverner Genève se fichent de nous, quel que soit le parti auquel ils appartiennent.

CAFE A RAISON!

Écrit par : JOHN REYFUSS | 12/07/2008

J'adore la Suisse c'est mon pays préféré. Je prends les transports publics et peut ainsi profiter mieux du paysage. La Suisse est un pays agréable et sûr. Je suis très fière de sa politique d'écologie. La politique connaît des hauts et des bas en ce moment, mais glogalement elle se maintient dans la justice. Je suis très fière de la Suisse et d'y vivre. Je suis très contente de la place qu'à l'écologie dans la politique suisse. Ce doit être un exemple à suivre pour la France, les Etats-Unis, etc.

Écrit par : coiffeuse africaine | 13/07/2008

Coiffeuse africaine,

C'est tout en votre honneur que d'aimer la Suisse, par contre vous n'êtes pas très au courant pour ce qui est de l'écologie, car, la Suisse a un très mauvais classement pour son action écologique au point de vue Européen. Par exemple, la Suisse continue à délivrer des sachets plastiques aux caisses alors que la France les a bannis depuis très longtemps. Et pour ce qui est du Co2 là aussi la Suisse vient presque en dernier. Vous savez, la pollution ne se résume pas à la propreté des trottoirs... il faut voir aussi ce que polluent les usines chimiques en Suisse.

John,

C'est pas demain la veille que Genève va pouvoir offrir les milliers de villas bon marché dont les Genevois ont besoin ! Les Genevois en ont marre d'avoir des très bon salaires et habiter dans des appartements minuscules.

Écrit par : Stanislas | 14/07/2008

Tout à fait d'accord avec la dernière remarque de stanislas. J'ai acheté récemment une villa individuelle de 150m2 habitables et 800 m2 de terrain à 500 mètres de la frontière en france voisine pour 600'000 euro. Pour ce prix là, à Genève, on a droit à un 5 pièces de 120m2 dans une tour. Cherchez l'erreur. Une ville en croissance a besoin d'une zone constructible en croissance, avec des logements pour toutes ses classes sociales, pas seulement ceux avec 0.- en banque et moins de 140'000/an/famille de 4 qui sont les seuls à avoir accès aux HLM. Au delà de ce salaire, pour 4 personnes, y a qu'à voir les annonces d'appart les loyers libres sont honteusement élevés.

Écrit par : marenzo | 23/07/2008

La situation dans le marché de la construction a changé de façon spectaculaire en raison de la crise mondiale! Nous ne pouvons pas dire que bon marché, mais cher ... et qu'il serait difficile de prévoir dans un mois

Écrit par : yerba extract | 18/12/2008

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